Un graphique qui en dit long

Cher(e) Ami(e),

Il est difficile d’appréhender l’urgence climatique sans un minimum de supports qui trainent au fond de notre mémoire, notamment quelques images, et quelques graphiques.

Des précurseurs d’envergure internationale comme M. Al Gore ou M. Yann Arthus-Bertrand avaient essayé chacun à leur époque, de nous aider à prendre conscience collectivement de ce problème. En 2006, M. Al Gore avait réalisé un documentaire irréfutable à ce sujet « une vérité qui dérange », et en 2009, M. Yann Arthus-Bertrand emboita le pas avec un autre film de sensibilisation d’une grande beauté  « Home ». Mais nous avons la tête dure, et notamment nous avons du mal à nous rendre compte des liens entre nos choix quotidiens et les conséquences planétaires qui en découlent. Pour beaucoup seule l’intention compte, mais pour la planète, pour ce monde de poids et de mesures, seule la contribution ou la non-contribution compte, que celle-ci soit consciente ou inconsciente. C’est au travers de notre activité professionnelle et non-professionnelle que tout se joue, et pour en prendre la mesure, nous allons prendre un peu de temps aujourd’hui pour étudier ce graphique :

CO2concentration

Celui-ci représente l’évolution de la concentration du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère depuis 800 000 ans, soit avant l’apparition de notre espèce (nous les humains modernes). Le CO2 est l’un des principaux gaz à effet de serre que nos activités émettent à coté de :

  • la vapeur d’eau (H2O), et oui… ainsi les cheminées de refroidissement des réacteurs nucléaires ne sont pas neutres ;
  • le méthane (CH4) ;
  • le protoxyde d’azote (N2O) ;
  • et l’ozone (O3).

Il est donc un bon indicateur de l’évolution de l’effet de serre sur notre planète mais cet indicateur n’est pas suffisant, ce qui nécessitera si des quotas contraignants sont mis en place, à prendre en compte un ensemble d’émissions de gaz (y compris la vapeur d’eau) et non un seul, et de réaliser une pondération de ces émissions par rapport à leur nocivité (par exemple le CH4 est plus nocif que le CO2, une molécule de CH4 est 25 à 30 fois plus nocive qu’une molécule de CO2) afin de traduire le potentiel de réchauffement global (PRG). tableau des principaux PRG à 100 ans

De ce graphisme voici quelques enseignements :

  • les divers pics traduisent la capacité de la biomasse à capter le CO2 dans l’atmosphère. Les végétaux, les algues, les coraux, le vivant en général aident au stockage du CO2 sur plus ou moins de longues périodes, selon les conditions pédoclimatiques du moment. On constate d’ailleurs que lorsque les températures sont extrêmement froides depuis longtemps (ère glaciaire), le végétal présent stocke de moins en moins de CO2. La variation de la quantité de biomasse nous enseigne qu’elle peut avoir une influence sur 100 ppmv (partie par million en volume) sur 20.000 ans, pas plus. Elle nous enseigne également que les variations sont relativement lentes et que même si nous régénérons la Nature par exemple en plantant beaucoup d’arbres, de bambous, aidons le développement du corail, l’impact sur le stockage CO2 sera limité.
  • depuis le début du 19ième siècle (à partir de 1800 ans après JC), la concentration de CO2 a dépassé la concentration constatée avant l’apparition de notre espèce et qu’elle n’a de cesse d’augmenter. Nous sommes donc dans un contexte nouveau, où d’un coté la concentration de CO2 est élevée, et de l’autre coté  des organismes vivants complexes comme nous sommes présents. Des concentrations de CO2 plus élevées dans l’atmosphère ont déjà certainement été mais soit le vivant n’était pas présent, soit il l’était mais sous forme basique (bactéries), bref cela ne nous concernait pas.
  • nous avons franchi la barre des 400 ppmv (mesure CO2 quotidienne), l’inconnu est devant nous, et comme l’accumulation d’un phénomène quantifiable génère toujours un point de déséquilibre, nous nous rapprochons de plus en plus vers ce point de déséquilibre, qui va générer un nouveau point d’équilibre, et personne ne sait si ce nouvel équilibre sera viable pour nous, les humains.

Devant ce constat, on pourrait croire que nous sommes individuellement impuissants, ce qui génère souvent un phénomène de rejet de ce constat, et des conséquences que ce phénomène d’augmentation de la concentration des G.E.S peut avoir sur la capacité des organismes complexes humains et non-humains à survivre dignement sur cette planète.

Mais tel n’est pas le cas, et voici quelques actions qui peuvent être envisagées. Pour les comprendre au mieux, je vous invite à parcourir les articles :

si cela n’est déjà fait.

Voici quelques actions possibles qui auront un véritable impact :

  • lors du choix d’un article qui consomme de l’énergie, privilégiez l’énergie électrique à toute autre énergie, notamment dans la cuisine ;
  • si vous changez de véhicule, privilégiez une voiture électrique notamment si vos trajets sont courts (exemple pour les infirmiers/infirmières libéraux), sinon privilégiez le véhicule qui fonctionnellement répond à votre besoin et qui consomme le moins. Les SUVs compacts sont à éviter (conso suv), ils consomment plus que nécessaire, +3 litres au 100 (exemple : grand scénic consomme en réel 4.9 à 5.2 l/100 km). La gamme SUV est une belle aberration industrielle au vu du contexte actuel.
  • roulez moins vite, il est possible sur les autoroutes de rouler à 110 km/h, sur les double voie à 90 km/h…
  • privilégiez les vidéo conférences, les appels téléphoniques, les échanges électroniques aux déplacements.
  • limitez vos déplacements, surtout ceux en avion. Cette augmentation : augmentation de 6.1% montre que les citoyens  que nous sommes n’ont toujours pas compris les enjeux, malgré leur préoccupation environnementale déclarée dans les sondages divers et variés.
  • achetez et mangez local, et de saison (utiliser du gaz fossile pour avoir des tomates… vraiment ?). Laissez les asperges du Pérou sur le rayonnage des supermarchés. Si possible achetez bio car la production des pesticides, insecticides, engrais minéraux consomment beaucoup d’énergie, mais soyez vigilent au lieu de provenance car le transport génère des G.E.S. Si possible privilégiez les consommations de fruits et de légumes d’exploitations peu ou pas mécanisées (privilégiez une agriculture bio-intensive en emploi par vos achats).
  • consommer moins de viande et plus de viande de proximité, conso viande. Consommez moins de viande a budget constant permet d’aider tous les éleveurs locaux  à produire de la viande de qualité en s’appuyant sur la production végétale locale. Acheter « cher » son jambon permet aux cochons de pouvoir vivre en dehors des bâtiments, pas à l’intérieur sur des caillebotis (pour rappel, un cochon a une conscience aussi élevée qu’un chien ou un chat).
  • vérifiez si un produit recyclé ou déjà utilisé ne répondrait pas à votre besoin, notamment pour les vêtements, les livres, etc…
  • si vous êtes entrepreneurs ou décideurs, de grâce travaillez avec des marges étroites lorsque vous proposez des équipements de production d’énergies renouvelables, ou des solutions pour minimiser la production et la consommation de gaz à effet de serre. Soyez assez créatifs, entourez vous de créatifs pour ce faire, car le prix que vous proposez à un impact direct sur la capacité des communes, des sociétés, et des particuliers à s’équiper. Les abus dans ce domaine sont fréquents et préjudiciables pour notre avenir. Changez de logiciel.
  • dans vos divers achats d’équipement, posez la question qui fâche souvent : quelle est l’empreinte carbone, le bilan CO2 de cet objet ? Ainsi vous pourrez utiliser vos dépenses pour générer une baisse progressive de la pression carbone si vous le souhaitez. Pour information pour les produits manufacturés, la production la plus proche n’est pas forcément la meilleure s’il ne s’agit que d’assemblage de diverses pièces qui viennent de loin. Pour exemple, au travers des bilans CO2 sur les modules photovoltaïques il a été montré que les panneaux asiatiques plus proches des mines d’extraction et fabriqués sur des chaînes de production robotisées ultra-performantes ont moins d’impact carbone que des modules français ou européens. Privilégiez la planète en toute chose, et non l’esprit patriotique qui dans le cas présent est contre-productif.
  • Soyez soucieux de votre santé, les traitements, les examens consomment de l’énergie aussi.
  • Le bois et le bambou en construction, sont les matériaux les plus cohérents énergétiquement.
  • Ne jetez rien dans la nature, la collecte de vos déchets sur terre, dans les rivières, en mer coute énergétiquement cher également.
  • le bateau à voile fonctionne toujours pour les déplacements maritimes 😉

Tout cela pour dire que si nous le souhaitons nous pouvons diminuer significativement notre empreinte carbone sans attendre une technologie miracle, un budget étatique exceptionnel, et/ou une personne providentielle. A chacun de nous de choisir.

Et si 100 entreprises sont responsables de plus de 70% des émissions de carbone : 100 pour 70, n’oublions pas qu’elles produisent pour chacun d’entre nous et non pour elles-mêmes. A nous de refuser ce qui nuit à notre planète,  à nous de modifier notre comportement et nos exigences, tout en continuant notre quête de bonheur.

Pour certains, le temps de l’action c’est maintenant, fini « les petits pas » :

E.D.F.

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